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Viser l'excès de choléstérol dans le cerveau pour lutter contre Alzheimer

Viser l'excès de choléstérol dans le cerveau pour lutter contre Alzheimer

Par Emmanuel Brousse - 21/10/2015 à 12:47

Plusieurs séries de tests sur les souris ont montré une corrélation entre le taux de choléstérol dans le cerveau et les symptômes de la maladie d'Alzheimer. Cette découverte importante est aussi porteuse d'espoir car les expériences suivantes ont montré que la maladie pouvait être efficacement combattue en agissant sur ce fameux choléstérol.

On connaît bien le choléstérol comme étant un lipide (« gras ») dont l'excès dans l'organisme peut entraîner des accidents vasculaires. Mais si il est fréquemment associé au cœur, il est pourtant présent dans bien d'autres zones du corps humain et notamment le cerveau. La présence de choléstérol dans notre boîte crânienne et d'ailleurs nécessaire au fonctionnement cérébral... à condition de ne pas être trop abondant. Lorsque le taux devient trop élevé, une enzyme appelée CYP46A1 se charge normalement de « faire sortir » ce choléstérol en lui permettant de passer outre la barrière hémato-encéphalique, sorte de membrane qui recouvre et protège le cerveau.

Lorsque pour des raisons encore obscures, l'organisme ralentit la production de cette enzyme, le choléstérol se retrouve piégé et le taux grimpe, entraînant l'apparition d'amas de deux protéines tristement connues : la peptide béta-amyloïde et la protéine Tau-P. Or il s'agit précisément des deux composantes responsables de la maladie d'Alzheimer. Cette mise en relation de l'excès de choléstérol avec l'apparition de ces protéines est connue depuis quelques années. En partant de ce nouvel éclairage sur les raisons de l'apparition d'Alzheimer, une équipe de chercheurs français issus de l'Inserm dirigés par Nathalie Cartier et Patrick Aubourg s'est efforcée d'aller plus loin en utilisant cette découverte pour tenter de lutter contre la maladie.

Réduire le choléstérol pour guérir Alzheimer

Après une première tentative réussie visant à réduire les lésions causées par les peptides amyloïdes chez la souris en stimulant la production d'enzyme CYP46A1(et donc en réduisant le taux de choléstérol), l'équipe a réitéré l'expérience avec des animaux présentant un excès de protéine Tau-P, l'autre composante de la maladie. En injectant un virus modifié causant la production d'enzyme, le taux de choléstérol chez les rongeurs revenait à la normale et les symptômes d'Alzheimer liés à Tau-P n'apparaissaient pas. C'est la première fois qu'est démontrée formellement la relation entre CYP46A1 et la protéine Tau-P. Le fait que l'enzyme permette d'agir sur les deux protéines liées à la maladie d'Alzheimer et que les tests sur les souris permettent d'inverser les symptômes permettent d'envisager de sérieux progrès pour les traitements sur l'humain.

Même si les premiers essais ne devraient pas avoir lieu avant 2019 et qu'on est encore bien loin du remède miracle, cette nouvelle approche basée sur l'enzyme CYP46A1 laisse entrevoir des progrès importants et ouvre la voie à des traitement curatifs là où les traitements actuels permettent principalement de ralentir l'évolution des symptômes. En outre, Nathalie Cartier a d'ores et déjà annoncé que ces premiers résultats permettaient d'envisager une thérapie génique visant à soigner les 1% de patients souffrant d'une forme aigue et précoce de la maladie pour lesquels aucun traitement n'est disponible à l'heure actuelle.

Source :

www.inserm.fr/espace-journalistes/moduler-le-cholesterol-cerebral-une-nouvelle-piste-pour-traiter-la-maladie-d-alzheimer