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Vers la mise au point d'un virus universel contre la grippe ?

Vers la mise au point d'un virus universel contre la grippe ?

Par Emmanuel Brousse - 21/10/2015 à 13:22

Chaque année, les épidémies de grippe touchent des milliers de personnes avec des conséquences parfois graves. Pourtant, des vaccins existent depuis longtemps... Mais le fait de devoir les renouveler régulièrement (souvent chaque année) et qu'ils ne soient efficaces que contre certaines souches du virus sont des obstacles qui limitent la vaccination de masse et l'enrayement des épidémies. Le vaccin contre la grippe est ainsi souvent perçu comme contraignant et loin d'être nécessaire à moins d'être une personne particulièrement vulnérable. De nouvelles études américaines laissent néanmoins apercevoir l'espoir d'un vaccin à vie protégeant de toutes les souches de la maladie. Une avancée qui pourrait changer totalement la donne et faire passer le vaccin contre la grippe du statut de «traitement pas vraiment obligatoire » à celui de « vaccin de routine à effectuer une fois pour éliminer les risques une bonne fois pour toutes » (comme le vaccin contre la tuberculose par exemple).

Ces nouvelles avancées ont été détaillées dans les journaux Nature et Science Medicine. Contrairement aux vaccins actuels qui ne durent qu'un an, ces nouveaux vaccins en cours de test n'ont pas besoin d'être renouvelés et ce grâce à une approche différente de la vaccination contre la grippe en s'attaquant à sa base. En effet, le virus de la grippe peut être schématisé comme un noyau entouré d'une couche externe dont la composition varie énormément. Ce processus de mutation permanente du virus explique la grande variété des déclinaisons de la grippe et la nécessité de recourir chaque année à des vaccins adaptés. On parle ainsi de différentes « souches » de grippe qui partagent le même noyau mais dont la couche externe est différente, ce qui se traduit concrètement par un virus de la grippe « classique » différent chaque année et par l'existence de grippes épidémiques pouvant s'avérer extrêment dangereuses (grippe A, grippe H1N1, grippe espagnole... ).

La grande avancée que laissent entrevoir les nouvelles études réside dans la réalisation d'un vaccin parvenant à ignorer la couche externe du virus à la composition variable pour se concentrer sur le « noyau » qui lui reste identique d'année en année et concerne toutes les formes de la maladie. Si la mise au point d'un vaccin de ce type pour l'homme était confirmée, l'avancée médicale serait considérable puisque ce traitement permettrait de faire d'une pierre deux coups en réglant à la fois le problème de la temporalité du vaccin et en élargissant son efficacité à toutes les souches de grippe. Pour l'heure, des premières séries de tests très encourageants ont été menées sur des souris, mais également sur des singes dont l'organisme se rapproche beaucoup de celui des humains. Les essais sur l'homme devraient être prochainement entamés et ouvriraient la porte en cas de résultats concluants à la conception et à la commercialisation d'un vaccin pour le grand public à moyen terme.