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Plus de 34 millions de jeunes enfants sauvés par les programmes d'aide depuis l'an 2000

Plus de 34 millions de jeunes enfants sauvés par les programmes d'aide depuis l'an 2000

Par Emmanuel Brousse - 08/07/2015 à 14:13

Mesurer les effets concrets de grands programmes d'aide humanitaire n'est pas toujours chose aisée. C'est la tâche à laquelle s'est attelée la revue The Lancet qui s'est efforcée de quantifier le nombre de vies sauvées par les programmes d'aide humanitaire depuis 15 ans.

Pour le ministre ajoutant une ligne de plus à son budget annuel ou pour n'importe quel donateur au moment de signer le chèque, il est difficile d'avoir une idée concrète de ce à quoi va bien pouvoir servir son argent. Avec la distance, il n'est pas aisé de savoir si le sacrifice consenti permettra réellement de sauver des vies ou si il ne sera qu'une goutte d'eau dans l'océan. C'est pour tenter d'apporter une réponse à cette question que la revue américaine The Lancet s'est associée avec l'ONU et des chercheurs de diverses nationalités pour quantifier le nombre de vies sauvées par les programmes d'aide humanitaire à destination des enfants et s'efforcer de créer une « fiche d'évoluation » permettant d'indiquer à n'importe quel organisme, association ou particulier combien de vies son investissement a permis de sauver.

Plus de 200 milliards de dollars d'aide pour 34 millions d'enfants sauvés

D'après des estimations effectuées par des chercheurs de l'Université de Washington et de l'ONU, les différents gouvernements des pays pauvres ou émergents ont dépensé plus de 133 milliards de dollars dans les programmes d'aide à destination des enfants tandis que 73,6 milliards de dollars supplémentaires ont été apportés en complément par des donateurs publics ou privés (gouvernements, particuliers, ONG... ), principalement issus des pays les plus riches. Tout cet argent a permis de sauver plus de 34 millions d'enfants.

Plus de 20 millions d'entre eux doivent leur salut aux programmes d'aides initiés par leurs propres pays tandis que 14 millions ont vu leurs vies sauvées grâce à des financements venus de l'étranger. Parmi les plus gros « sauveteurs », le gouvernement américain peut se targuer d'avoir sauvé environ 3,3 millions d'enfants âgés de moins de 5 ans entre 2000 et 2014. Du côté des donateurs privés, c'est la fondation Bill et Melinda Gates qui arrive en tête avec plus d' 1,5 million d'enfants sauvés.
L'argent de ces donateurs est reversé à des ONG ou des organismes internationaux qui se chargent de mettre en œuvre des programmes d'aide sur place.

Le nombre et la nature de ces intermédiaires est détaillé su la « fiche d'évaluation » et la revue a également compilé lesquels de ces intermédaires avaient pu sauver le plus de vies d'enfants grâce aux fonds apportés par les donateurs. L'association Gavi, spécialisée dans les campagnes de vaccination, a permis d'éviter 2 millions de décès. Suivent ensuite l'USAID (United States Agency for Intenrational Development), la Banque Mondiale, l'Unicef et le Global Fund qui ont tous permis à plus d'1 million d'enfants de vivre.

L'utilité d'un moyen d'évalution

La mise au point d'une fiche d'évaluation généralisée devrait permettre à tous les acteurs de l'aide humanitaire à destination de l'enfance de progresser vers plus d'efficacité. Ainsi, les donateurs auront une meilleure visibilité sur l'utilisation de leur argent et pourront déterminer quelles sont les associations dont l'action permet - placées dans les mêmes conditions - de sauver le plus de vies pour chaque dollar dépensé. La fameuse fiche n'aura cependant pas seulement vocation à être un simple indicateur de rentabilité : pour ses promoteurs, elle permettra également de mettre en lumière les zones où des efforts doivent être accomplis et de pointer les endroits où les résultats peinent à se concrétiser malgré d'importants investissements.

Estimer le prix d'une vie

Quelque soit le pays concerné, l'aide à destination des enfants est l'une des façons les plus « rentables » de donner son argent pour sauver des vies. Les programmes d'aide à l'enfance reposent en effet sur des produits à bas coûts comme les vaccins produits en masse, de la nourriture, des produits de premières nécessité, du lait déshydraté etc... Plus l'investissement est effectué dans un pays pauvre, plus le prix à payer pour sauver une vie est faible. Ainsi, une vie sauvée en Tanzanie ou en Haïti coûtera en moyenne 4,2 dollars, contre 6,5 en Inde et 10 dollars au Botswana ou en Thaïlande. Ces différences s'expliquent principalement par les différences de coût des services (transports, main d'oeuvre etc... ) dans les différents pays où sont menées les actions humanitaires.

Sources :

The Lancet
IHME Washington