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Les feux d'artifice occasionnent des pics de pollution

Les feux d'artifice occasionnent des pics de pollution

Par Emmanuel Brousse - 08/07/2015 à 14:11

Le 14 juillet approche et comme chaque année sera accompagné d'explosions de toutes les couleurs dans le ciel de France. Mais il existe un revers de la médaille à tous ces superbes feux d'artifice : un pic de pollution aux particules fines.

Si vos proches ou vous mêmes êtes sujets à des maladies cardio-vasculaires ou pulmonaires, pensez à ne pas trop vous approcher des sites de feux d'artifice, ou du moins à vous placer contre le vent. Ces précautions pourraient passer pour de la paranoïa, mais il n'en est rien : une étude menée par la revue spécialisée Atmospheric Environment vient de montrer que les feux d'artifice occasionnaient un ponctuel mais néanmons important pic de pollution.

A l'occasion de la fête nationale américaine, les chercheurs ont mesuré le taux de particules fines dans l'atmosphère sur 315 sites de feux d'artifice avant et après les festivités. Il est ressorti de ces mesures que le taux était 42 % plus élevé sur l'ensemble du territoire américain le soir du 4 juillet, le fameux « independance day », et 370% plus élevé sur les sites de lancement.. Le taux revient ensuite à la normale dès le lendemain midi. Afin de s'assurer que ces pics de pollution n'étaient pas dus à la circulation automobile ou à d'autres facteurs indépendants des feux d'artifice, les auteurs de l'étude ont étalé leurs recherches sur plusieurs années et ont sélectionné des sites sur tout le territoire des Etas-Unis pour prouver qu'il existait bel et bien un fameux pic de pollution aux particules fines du fait des feux d'artifice.

Des taux de pollution bien au delà des normes sanitaires

Les fameuses particules fines sont libérées lors de l'explosion des fusées qui génèrent de jolies gerbes de couleurs mais également des nuages de fumées assez toxiques. C'est naturellement au sein de ces nuages que les taux seront les plus élevés, d'où l'importance de se placer de préférence contre le vent étant donné que les particules fines en question sont fortement cancérigènes... Il s'agit du même type de pollution que celle ayant amené à une suspension partielle de la circulation en Ile-de-France pendant quelques jours au cours du mois de mai. Pour les personnes les plus vulnérables à une mauvaise qualité de l'air (et sans doute aussi pour les autres), mieux vaut donc ne pas assister de trop près aux feux d'artifice au risque d'être exposés à des taux de particules fines supérieurs aux normes sanitaires. Les mesures effectuées par Atmospheric Environment montrent ainsi que les sites proches des festivités présentent une moyenne de 48 microgrammes par mètre cube de particules en suspension, ce qui dépasse de très loin le seuil à partir duquel l'Union Européenne estime qu'il existe un risque sanitaire ( 25 microgramme par mètre cube ). Plutôt inquiétant quand on sait que ce seuil est considéré comme étant déjà trop élevé. L'OMS considère ainsi que des risques existent dès 10 microgrammes...

Bien entendu, il ne s'agit pas non plus de céder à la panique ou de boycotter les feux d'artifice. L'exposition à ces taux élevés de particules fines se fait pendant une courte période et ne doit pas vous empêcher de profiter du spectacle. Malgré tout, mieux vaut ne pas trop jouer avec le feu et prendre quelques précautions en restant assez loin et abrités afin d'éviter que les poumons ne passent un trop mauvais 14 juillet.

Source :

Atmospheric Environment