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Elles sont jeunes, sans enfants et ont adopté le DIU

Elles sont jeunes, sans enfants et ont adopté le DIU

Par Mathilde Renault - 18/05/2015 à 14:04

Le DIU ou dispositif intra-utérin est un moyen de contraception mis en place par un professionnel à l'entrée de l'utérus. Aujourd'hui encore appelé stérilet au regard des représentations médico-scientifiques qui l'ont vu naître au siècle précédent, il ne rend en aucun cas stérile*. Celui-ci peut se présenter sous deux formes : un stérilet de cuivre dont l'action reste chimique (le cuivre désactive les spermatozoïdes) et le stérilet hormonal.
Elles sont quasiment 22% des moins de 30 ans à l'avoir choisi, soit 13% de plus entre 2010 et 2013 et ce surtout chez les franges les plus diplômées.* Pourquoi un tel choix ? Qu'est-ce que cela a changé dans leurs vies quotidiennes ?

Le corps au naturel

C'est l'une des premières réponses qui nous a été donnée. Choisir le stérilet c'est avant tout refuser d'ingérer des hormones ou alors d'en prendre autant. « Avec le stérilet, même hormonal c'est plus localisé » nous dit ainsi Marie, 24 ans. Pour Sophie, 26 ans c'est le moyen pour son corps de « reprendre ses droits ». Les jeunes femmes ainsi sollicitées font part du plaisir qu'elles ont de voir fonctionner leur corps sans aide artificielle, d'avoir des cycles menstruels bien réels et de pouvoir « contrôler » sans « être contrôlée ». La liberté direz-vous ?

Une contraception plus sûre

La liberté pour ces jeunes femmes c'est aussi d'avoir une contraception fiable mais qui n'est pas assortie d'une observance contraignante avec une prise par jour, aboutissant parfois à un oubli voire plusieurs… et risquant de fait une grossesse non désirée.
« C'est mis en une fois, ça tiraille un peu, puis on en parle plus ». Pauline, 24 ans. Pour autant, passer au stérilet n'est pas non plus un acte anodin.

Les effets secondaires

Douleurs plus aigües, règles plus importantes, rejet, le passage au stérilet n'est pas forcément une partie de plaisir. Du reste beaucoup de jeunes femmes y voient nombre de symptômes supplémentaires tels que la perte des cheveux, la prise de poids, l'arrivée d'une acné persistante, les cheveux gras alors que ceux-ci viennent tout simplement… de l'arrêt de la pilule elle-même (et ce plus particulièrement pour les pilules de 3e et 4e génération).

Les visions négatives du corps médical

Pour pouvoir changer de contraceptif, il faut avant tout un praticien confiant qui accepte de proposer le DIU en abandonnant les représentations négatives sur ce contraceptif qui « stérilise ». Agnès, sur le forum du journaldesfemmes explique ainsi « j'ai dû insister auprès de mon gynécologue pour qu'il me pose un stérilet au cuivre, il me disait que ça n'était pas confortable, que ça ne se faisait plus ». Du coté des professionnels, le DIU ne fait effectivement pas l'unanimité, Francine, gynécologue dans l'est de Paris affirme que le risque d'infection provoquant la stérilité existe bel et bien et qu'elle a plutôt tendance à déconseiller ce type de contraception chez les jeunes femmes, bien qu'en 40 ans de carrière elle n'ait jamais rencontré ce cas.

Bénéficiant d'une bonne image pour ses utilisatrices, mais suscitant toujours la méfiance de certains professionnels de santé, le stérilet voit son étoile briller ou pâlir en fonction de l'interlocuteur. Simple mauvaise réputation ? Difficile à dire… Peut-être la hausse du nombre de ses utilisatrices et des études sur le sujet viendra-elle redorer son blason dans les années à venir.
Quoiqu'il en soit si le stérilet n'est pas exempt de risque - à l'instar de tous les moyens de contraception - une récente étude de 2013*a prouvé qu'il n'existait pas de contre-indications particulières pour sa pose, venant ainsi battre en brèche l'image d'un moyen de contraception réservé aux femmes ayant déjà eu des enfants.

*Selon l'INPES, cité sur le site choisirsacontraception.fr
* L'Enquête Fécond 2010-2013 a été initiée par l'Inserm et l'Ined en 2010 et reconduite en 2013 afin de cerner les nouvelles pratiques autour de la contraception et de la santé sexuelle. Cette enquête a été réalisée par téléphone via questionnaire auprès d'un échantillon aléatoire représentatif de la population française composé de 5275 femmes et 3373 hommes, agés de 15 à 45 ans et résidant en France Métropolitaine.
*Abbey Berenson, Alai Tan, Jacqueline Hirth, Gregg Wilkinson, « Complications and continuation of intrauterine device use among commercially insured teenagers », Obstetrics & Gynecology, 2013, 121(5), p. 951-958.