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Allergies aux acariens : des chercheurs français et autrichiens ont trouvé un vaccin.

Allergies aux acariens : des chercheurs français et autrichiens ont trouvé un vaccin.

Par Mathilde Renault - 24/06/2015 à 13:07

Leurs petits noms ? Dermatophagoide ptéronyssinus ou Dermatophagoide farinae. Peu de gens les nomment ainsi et pourtant, ils sont à l'origine de nombreuses allergies et la cause de crise d'asthme pour nombre de français. Animaux microscopiques, proches parents de tiques et araignées, aux abords répugnants, il existe plus de 50 000 espèces d'acariens sur Terre. Mais ce sont bien les Dermatophagoide ptéronyssinus ou Dermatophagoide farinae qui vivent en France, cachés dans nos draps, nos tapis et nos lits (soit environ 2 millions par lit…). Ce qui n'a rien d'étonnant quand on sait qu'un être humain est capable à lui seul de perdre assez de peau (de squames) pour nourrir un million d'acariens.

Pourquoi une réaction allergique ?

Les allergies surviennent lorsque le système immunitaire réagit à une substance étrangère comme le pollen, les squames d'animaux ou les acariens. Le système immunitaire produit alors des protéines appelées anticorps destinées à protéger l'organisme contre les envahisseurs indésirables qui pourraient le rendre malade ou causer une infection. L'allergie se déclenche lorsque le système immunitaire fabrique des anticorps qui identifient une substance comme quelque chose de nocif, même si elle ne l'est pas. Lorsque cette substance « allergène » entre en contact avec le corps, le système immunitaire réagit et produit une réponse inflammatoire dans les voies nasales ou les poumons. Une exposition prolongée ou régulière à l'allergène peut causer l'inflammation continue (chronique) associée à l'asthme.

Jusqu'ici, quelles solutions ?

Pour faire déguerpir nos amis acariens, rien de tel qu'un aspirateur ou une machine à laver à température maximum. Mais ce système D n'est pas sûr à 100% et peut ne pas venir à bout de l'acarien, d'autant que même mort celui-ci reste allergène. On peut ainsi aller plus loin en limitant les lieux de festins possibles pour les acariens ( peluches, tapis), ainsi que d'autres nids à poussière dans la chambre, garder une température entre 18°C et 19°C à l'intérieur et une humidité inférieure à 50% en aérant souvent ou à l'aide d'un déshumidificateur.
Mais il est également possible de lutter contre les allergies par voie médicamenteuse : après consultation, le médecin peut prescrire soit des antihistaminiques qui réduisent la production du produit chimique sécrété par le système immunitaire en défense face à l'allergène (ces médicaments soulagent les démangeaisons, les éternuements et le nez qui coule) soit des corticostéroïdes livrées sous forme de spray nasal et pouvant réduire l'inflammation en contrôlant les symptômes du rhume des foins. Il peut aussi proposer des traitements de fond tels que l'immunothérapie. Celle-ci est généralement utilisée lorsque les autres traitements simples ne sont pas satisfaisants ou suffisants.
Il est alors possible d'«apprendre» au système immunitaire à ne pas être sensible à un allergène. La désensibilisation ou Immunothérapie sous cutanée (SCIT) développée depuis les années 70 peut empêcher l'aggravation des symptômes. Sa consœur l'immunothérapie sublinguale (SLIT) semble tout aussi efficace dans la prévention d'une possible aggravation. Toutefois ces traitements sont longs, coûteux et contraignants (occurrence importante de la prise notamment) et ne permettent pas une disparition totale des crises allergiques.

Une nouvelle façon de traiter l'allergie

En plus de ces traitements bien connus des allergiques aux acariens, les chercheurs se penchent sur une nouvelle forme de traitement. Plutôt que de soigner les symptômes ou de viser à désensibiliser définitivement l'organisme, il s'agirait ici de « vacciner » les patients contre les crises d'allergie pendant une période donnée. Cette nouvelle approche est développée par des chercheurs de l'Institut du thorax (UMR1087-Université de Nantes-Inserm-CHU de Nantes-CNRS) en collaboration avec l'université de Vienne et de l'INRA de Nantes (BIA) qui participent à l'élaboration d'un « vaccin anti-acariens ». Après avoir synthétisé une partie des protéines allergènes, les chercheurs les ont administrées à des souris de laboratoires, rendues au préalable allergiques aux acariens et asthmatiques. Et selon le professeur Antoine Magrian, responsable du laboratoire « Pathologies bronchiques et allergies » à l'Institut du thorax et pneumologue au CHU de Nantes, les résultats seraient « plus que probants ». Contrairement à l'immunothérapie, il n'y a pas une diminution des symptômes et plus particulièrement de l'asthme mais une suppression totale : plutôt que d'atténuer la réaction allergique, le traitement la supprime totalement. Susceptible de protéger la personne allergique pendant « plusieurs mois » le vaccin s'avèrerait beaucoup moins contraignants et plus efficaces que l'immunothérapie (SLIT et SCIT). Toutefois, même si les résultats restent positifs, les tests sur l'homme ne seront faits que d'ici 5 à 7 ans. Patience donc…

Sources :

www.univ-nantes.fr/1431416280033/0/fiche___actualite/&RH=INSTITUTIONNEL_FR
www.revmed.ch/rms/2009/RMS-199/Allergie-aux-acariens-mythes-et-realites
www.marketwatch.com/story/alks-partner-msd-publishes-phase-ii-data-on-house-dust-mite-slit-tablet-in-leading-allergy-journal-journal-2015-06-10